FETES CALENDALES (provence)

LES TRADITIONS ET LA VEILLÉE DE NOËL

La tradition veut qu’en Provence le “temps de Noël” dure 40 jours, de la Sainte Barbe (4 décembre) à la Chandeleur (2 février). Toute la culture provençale se réveille durant les fêtes calendales…

Les villes et les villages s’animent de crèches vivantes et de pastorales. Chacun partage le “gros souper”, repas maigre mais copieux du 24 décembre qui se termine par les treize desserts. Le temps de Noël est aussi un moment privilégié pour les gastronomes, autour de réveillons “inoubliables ”.

A la Chandeleur on défait la crèche et l’on célèbre le jour de la purification de la Vierge et du “feu nouveau”. Vivre Noël et ses rituels en Provence, c’est partager l’authenticité du terroir et des provençaux.

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…la partie de cartes (santons de Provence )

le pain calendal…         Selon la tradition provençale, la table du soir de Noël doit être dressée à l’aide de trois nappes blanches ; y figurent trois chandeliers, trois « sietoun » de blé, puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal - « lou pan Calendaù » - fait de pure...:

Afficher l'image d'origine     Le 4 décembre, jour de la Sainte – Barbe : la tradition des « trois sietoun »

Ce jour-là on semait du blé dans trois petites soucoupes, sur une mince épaisseur de coton. On les plaçait près d’une source de chaleur (c’était souvent sur le rebord des cheminées) et on maintenait l’humidité en les arrosant copieusement afin que le blé germe et qu’il soit haut, dru et vert au moment de Noël. Dans la journée on les posait sur le rebord de la fenêtre. Les trois « siétons » ou « siétoun » (soucoupes) garnissaient la table du gros souper.

Le 13 décembre, jour de la Sainte-Luce : la fête de la lumière

À partir du 13 décembre, les jours commencent à allonger. Pour accompagner ce retour à la lumière, on illuminait chaque soir jusqu’à Noël, façades, balcons ou fenêtres avec des lanternes et des bougies. C’est la période du solstice d’hiver, point culminant de la position de la terre par rapport au soleil. La lumière qui revient c’est le renouveau et, pour les chrétiens, le renouveau c’est le christ, c’est l’enfant Jésus.
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Le 24 décembre, la veille de Noël 

la crèche :  Juste la veille de Noël les enfants partaient courir la colline et les bois pour récolter verdure, buis, thym, olivier, pin, mousse, houx, laurier-tin, mais aussi cailloux, pommes de pin, morceaux d’écorce… qui servaient à «construire » la crèche familiale.
On ne la faisait pas trop tôt pour que les feuillages et la mousse soient bien frais et tiennent jusqu’au 2 février, car la tradition voulait que la crèche reste en place jusqu’au 2 février, jour de la Chandeleur. Les personnages de la crèche sont les habitants du pays ; ils sont de type méditerranéen et portent le costume de leur région.

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Marie, Joseph, Jésus, l’âne et le boeuf et l’ange Boufaréu

Les représentants de tous les métiers : le berger, le meunier, le boulanger, la poissonnière, la laitière, la femme au berceau, la lavandière, l’hôte, le garde champêtre, la marchande de limaçons, la marchande de brousse, le marchand de kakis, le porteur d’eau, le potier, le ramoneur, le rémouleur, le rétameur, le chiffonnier, le vannier, le cordier, le tonnelier, le forgeron, le maréchal ferrant, le cordonnier, la couturière…

Les porteurs d’offrandes : la donatrice, la jeune femme avec un enfant dans les bras, le pêcheur, le chasseur, la femme à la chèvre, la femme à la cruche, la femme à la jarre, la femme à la poule noire, le jardinier, la vieille à la lampe, la femme à la chaufferette ou à la bassinoire, la voisine, la vieille ou l’homme au fagot, la femme ou l’homme au tonneau ou à la bonbonne, l’homme ou la femme au chapelet d’ail, l’homme ou la femme à l’aïoli …

Les autres, notables, artistes, travailleurs… : la cueilleuse d’olives (l’oulivarello), et les ramasseurs d’olives, le semeur, la fileuse, Monsieur le Maire, Monsieur le curé, les musiciens et les musiciennes, les danseurs…

les personnages issus des pastorales : ils portent souvent des noms propres ou des sobriquets. Certains peuvent même être désignés par deux noms différents selon qu’il s’agit de la pastorale Maurel ou de la pastorale Chave. Ainsi, les deux valets « Pistachié » dit aussi « Barthoumiéu » et « Jiget », Les trois vieillards « Margarido » et « Jordan » dits aussi « Grasset et « Grasseto » et « Roustido », mais aussi, le rémouleur « Pimpara », le meunier « Barnabé », le fermier « Benvengu », l’aveugle et son fils, le bohémien avec le deuxième fils de l’aveugle qu’il a enlevé, la bohémienne, l’homme en chemise, le Ravi… les animaux : les moutons, les chiens de berger, les ânes, tous les animaux de la ferme, les chameaux, les dromadaires, l’ours, le singe et le chat qui peuvent accompagner la bohémienne.

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les quatre éléments : La terre, l’eau, l’air et le feu: La terre est représentée par les collines, les chemins, les champs et les restanques… L’eau, par la rivière, les étangs, les fontaines, les puits, les abreuvoirs et les lavoirs… L’air, par les ailes du moulin, les pierres sur les toits qui retiennent les tuiles les jours de mistral, ou encore la cape des bergers qui s’envole… Le feu, par la petite veilleuse ou la bougie que l’on laisse éclairées devant l’étable, le feu dans le campement des « boumians » et l’étoile du berger.

Où que soit installée la crèche, il faut l’appuyer sur un fond (contre un mur ou une tenture, on ne doit pas pouvoir tourner autour). Chose très importante : on ne dépose l’enfant Jésus sur la paille qu’en revenant de la messe de minuit et en tout cas pas avant minuit ! La veilleuse de la crèche doit rester allumée quarante jours. Celui qui l’éteint peut mourir dans l’année… La crèche doit demeurer en place quarante jours, parce que, au siècle dernier, une femme qui venait d’accoucher ne devait pas sortir pendant quarante jours. Le quarantième jour elle se rendait à l’église avec son nouveau-né pour la messe des relevailles. La Vierge Marie de la même façon quitta l’étable le 2 février, quarante jours après la naissance de son enfant, pour aller le présenter au temple.

Le 24 décembre, la veille de Noël : le laurier-tin Afficher l'image d'origine

On décorait de rubans, d’oranges et d’oublies (petits gâteaux secs), des branches de laurier-tin que l’on suspendait en boule au-dessus de la table du gros souper ou partout ailleurs dans la maison et à l’extérieur.
Aujourd’hui c’est un arbre de Noël que l’on décore le plus souvent. Si c’est lui que vous choisissez, ce doit toujours être un résineux et c’est habituellement un sapin.
D’autre part, on suspendait à l’extérieur, au-dessus de la porte d’entrée de chaque maison, une branche ou un bouquet de houx, en signe de bienvenue. L’arbre de Noël est une continuité du rite païen de l’arbre de feu, et n’est pas traditionnel chez nous. C’est une coutume née en Europe du Nord, au XVIe siècle, quand les hommes vivaient encore proches de la nature : à ce moment de l’année où le soleil recommençait à monter dans le ciel, ils fêtaient la promesse de renouveau en décorant un sapin de la forêt. Quand la nouvelle de la naissance du Christ leur parvint, pour fêter cet enfant roi, ils unirent la fête de sa naissance à celle du soleil. C’est depuis que s’est diffusée la tradition de l’arbre de Noël ; elle envahit la Provence seulement en 1842. C’est la princesse Palatine et la duchesse d’Orléans qui l’introduisirent à Paris en 1840.

Afficher l'image d'origineLe sapin était autrefois vénéré comme l’arbre du paradis. Le sapin est un antique symbole de longévité.

Le laurier-tin, quant à lui, demeure vert et se couvre de boutons de fleurs roses au coeur de l’hiver. Une signification spéciale est attachée aux plantes qui restent vertes en hiver, comme le houx, le lierre ou le gui. Autrefois déjà les hommes en décoraient leur hutte car elles étaient synonymes de vie, et annonçaient le retour du soleil.

Le houx (ou le « fragon » petit houx) plante à feuilles persistantes donne des fruits au solstice d’hiver ; avec ses baies rouges il symbolise la continuité de la vie quand tout le reste dort. Il porte en lui la promesse du retour du soleil et d’une nouvelle vie.

Le gui était sacré pour les Grecs et les Romains. On disait qu’il naissait lorsque la foudre touchait un arbre ; il représentait l’énergie vitale (énergie sexuelle). Aujourd’hui encore quand on s’embrasse sous le gui nous exécutons un rite de fécondité; il était également symbole de paix. (certains superstitieux pensent que le gui porte malheur)

LE “CACHO-FIO”    Afficher l'image d'origine

Le “cacho-fio” consiste en l’allumage rituel de la bûche de Noël, traditionnellement de bois fruitier (poirier, cerisier, olivier). “Cacha le feu” signifie l’allumer : on dit même “Bouta cacho-fio”, c’est-à-dire bouter le feu à la bûche.

La veillée de Noël commence par ce rite, pratique mi-religieuse, mi-magique, souvenir tenace des libations romaines. L’aïeul choisit une bougie parmi toutes celles qui sont éclairées, la présente à la famille, si la flamme se couche comme un épi trop lourd, la récolte sera bonne, si elle reste bien droite, la grange sera vide.

Avant de se mettre à table, le plus âgé et le plus jeune de la famille présentent la bûche devant la cheminée et, trois fois de suite, répandent du vin cuit sur la souche avant de la placer dans le foyer et de l’allumer. Tout en chantant “Alègre ! Diou nous alègre Cacho fio ven, tout ben ven ; Diou nous fagué la graci de veïre l’an que ven, Si sian pas mai que siguen pas men” soit en français “Réjouissons-nous ! Dieu nous fait la joie de célébrer le « cacho fio », tout va bien ; Dieu nous fait la grâce de voir l’an qui vient. Si nous ne sommes pas plus que nous ne soyons pas moins”.

Afficher l'image d'origine  les bûches aujourd’hui !!!

Le 24 décembre, la veille de Noël : le gros souper

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Le gros souper avait lieu traditionnellement le soir du 24 décembre et se terminait avant minuit pour permettre de se rendre à la messe de minuit. La table devait être belle et le couvert devait rester mis trois jours. Tout va par trois sur la table du gros souper toujours en référence à la Sainte Trinité. « Uno pér lou paire, uno pér lou fiéu, uno pér lou Sant Esperit. » (Un pour le père, un pour le fils et un pour le Saint Esprit) trois nappes blanches de dimensions différentes afin que toutes apparaissent (la plus grande dessous puis la moyenne, puis la plus petite). La première nappe servait le soir même pour le gros souper, la deuxième pour le jour de Noël, la troisième pour le lendemain de Noël.
Sur la table on déposait les trois coupelles de blé, trois bougies et sa plus belle vaisselle.
On n’oubliait pas de mettre un couvert de plus que le nombre de convives (place du « pauvre» aujourd’hui symbolique), car on ouvrait sa maison et sa table à un pauvre le soir de Noël.
Puis on passait à la cuisine pour préparer le gros souper (certaines parties du gros souper avaient donné lieu à des préparations antérieurement, parfois même plusieurs semaines à l’avance !…).

Le menu s’établissait avec les produits du terroir et de saison. Les plats et les vins sont au nombre de sept pour rappeler les 7 sacrements :Afficher l'image d'origine
– Le baptême – Le mariage
– La confession – L’ordination
– L’eucharistie – La confirmation
– L’extrême-onction
(Certains préfèrent penser que ce chiffre rappelle les sept plaies du Christ sur la croix, d’autres encore les sept douleurs de la vierge Marie).

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Les plats au nombre de sept pouvaient varier d’un coin du pays à l’autre mais demeuraient toujours les incontournables : la carde, les escargots, la morue, la muge, le céleri, les pois chiches et le fromage.

Les vins étaient au nombre de sept (si possible), et le vin cuit était absolument de rigueur.

Le pain calendal, lui non plus, n’était pas celui de l’ordinaire. Il s’agissait d’une miche ronde entaillée en forme de croix. Au commen-cement du repas on la partageait en trois: une part pour les pauvres, une part pour le souper, et une part pour les miracles.
On pouvait aussi mettre sur la table 12 petits pains et 1 un plus gros, décoré de branches de houx.

Les desserts  (voir plus bas) étaient au nombre de treize et pouvaient aussi légèrement varier d’un endroit du pays à l’autre : figue, amande, noix, noisette, raisin pendu, melon, pomme, poire, nougat, pâte de coing, pompe à l’huile d’olive et oreillettes. Les treize desserts étaient accompagnés du vin cuit. Les treize desserts demeuraient sur la table durant trois jours, au grand bonheur des enfants.

Les 13 desserts symbolisent le Christ et les 12 apôtres (les mendiants représentent les quatre ordres religieux d’après la couleur de leur habit : les figues sèches les Franciscains, les raisins secs les Augustins, les amandes les Dominicains, les noix et noisettes
les Carmes).

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Même symbolique pour les 12 petits pains qui représentent les 12 apôtres et le plus gros le Christ. À la fin du gros souper, avant de partir à la messe de minuit l’on ne débarrasse pas la table. On laisse même les miettes de pain pour les âmes des morts de la famille. C’est le « manger des âmettes ». Il faut relever les quatre coins de la nappe pour empêcher les mauvais esprits de grimper sur la table.Afficher l'image d'origine

Parmi les treize desserts figure la pompe à huile
ou gibassié et le vin cuit.

Le 24 décembre, la veille de Noël : le réveillon

Entre la fin du gros souper et le début de la messe de minuit, il fallait rester réveillé (voilà l’origine du mot réveillonner). Cette longue veillée réunissait petits et grands autour du feu ou d’une table pour jouer (au loto par exemple) ou pour écouter des histoires. Au son des premières cloches qui appelaient à la messe de minuit, on allumait une veilleuse près de la crèche, symbole de la naissance de Jésus. Avant de partir à la messe de minuit, les enfants mettaient leurs souliers devant la cheminée. Au retour de la messe de minuit, on mettait le petit Jésus dans la crèche, on découvrait ses cadeaux et on se régalait souvent à nouveau des treize desserts qui étaient restés sur la table (selon la tradition) et du vin cuit pour se réchauffer.

la crèche vivante

C’est une tradition très ancienne qui consistait, pour un groupe de personnes, à se costumer et à prendre place dans l’église de façon à figurer, le soir de Noël, la crèche de Bethléem. Les autres personnages de la crèche, avec les bergers, les moutons et les ânes, défilaient dans les rues du village en costume traditionnel, à la seule lumière des lanternes et se rendaient à l’église. Les porteurs d’offrandes déposaient leurs cadeaux à tour de rôle,
tandis que les bergers demeuraient à la porte de l’église pour la cérémonie du pastrage (l’adoration des bergers). Bergers et troupeaux se tenaient à l’extérieur de l’église. Les bergers avaient décoré une petite charrette de feuillages et de rubans rouge et or, couleurs de la Provence mais aussi de la vie et du soleil. La charrette était attelée à un vieux bélier dont les cornes et les sabots étaient peints en doré. Un cortège formé des enfants de chœur, du curé et d’un groupe d’enfants en robe blanche, avec des ailes pour figurer les anges, sortait de l’église en chantant un Noël ou un cantique. Ce chant établissait un dialogue entre les bergers et les anges, au terme duquel les bergers étaient invités à entrer pour adorer l’enfant. Ils pénétraient dans l’église au son des galoubets et des tambourins.
Les anges se plaçaient dans le choeur, les bergers au premier rang, leurs agneaux dans les bras. Au cours de l’office, le prêtre bénissait l’agneau et à travers lui tous les troupeaux.
On déposait l’agneau béni dans la charrette enrubannée (la caretto ramado) et le maître des bergers (le bayle-berger) disait la prière des bergers. Noël en Provence est une fête pastorale car le solstice d’hiver correspond au temps de l’agnelage.

La pastoraleChateau-Gombert la pastorale,

Cette tradition provençale qui remonterait au XV e siècle. Véritable spectacle qui se joue de la mi-décembre à la fin janvier, hors des églises et qui retrace la naissance du «petit Jésus», dans un village de Provence, avec des personnages drôles et truculents.
La pastorale est une sorte d’opérette qui comporte de nombreux passages chantés, les textes sont en provençal (même s’ils sont de plus en plus dits en français pour la compréhension du plus grand nombre) et la coutume veut qu’on improvise tout au long du spectacle. La plus célèbre des pastorales, créée en 1844 et toujours jouée, est celle d’Antoine Maurel. À noter que, selon l’étude de Paul Nougier, le premier « Mystère » précurseur de la pastorale fut joué à Draguignan en 1433.

Le 25 décembre : le jour de Noël  

Afficher l'image d'origine  Afficher l'image d'origine

c’était le jour de la dinde farcie ou des pieds paquets. Après le repas, on faisait des visites ou l’on en recevait.

Le 26 décembre : le lendemain de Noël

Le 26 décembre était autrefois un jour férié : tout était fermé et les journaux ne paraissaient pas.

On mangeait Afficher l'image d'origine l’aïoli en famille. C’était le repas d’adieu

Le 31 décembre, le dernier jour de l’année : la Saint-Sylvestre

On réveillonnait jusqu’à minuit afin de se souhaiter la bonne année en s’embrassant sous le gui. Le lendemain 1er jour de l’an, on ne travaillait pas et surtout on ne devait pas faire la lessive. Les enfants allaient souhaiter la bonne année aux parents et aux amis proches. Ils recevaient des étrennes. Cette journée de fête se terminait par un grand bal.

Donner des étrennes est une pratique qui s’assimile aux rites saisonniers, destinés à attirer la protection des Dieux. Elles sont données au nom de l’invisible afin de commencer un nouveau cycle par un geste de bon augure.

Le gui, « celui qui guérit tout », symbolise l’immortalité, la paix, la vigueur et la régénération physique. Il était sacré pour les Grecs et les Romains. On disait qu’il naissait lorsque la foudre touchait un arbre ; il représentait l’énergie vitale (énergie sexuelle). Aujourd’hui encore quand on s’embrasse sous le gui nous exécutons un rite de fécondité.

L’ÉPIPHANIE Douze jours après Noël, jour de l’Épiphanie : la galette des rois

Epiphanie signifie apparition : en l’occurrence celle des Rois Mages. On annonçait l’arrivée des rois, dans toutes les rues du village au son des tambourins et des galoubets. On mettait les rois dans la crèche, ainsi que l’étoile aux seize rayons (les rois mages sont les seuls santons qui ont le droit de se déplacer. On les voyait tout d’abord sur les hauteurs, puis chaque jour ils approchaient de l’étable, pour y arriver le matin de l’épiphanie).

C’était douze jours après Noël, donc le 6 janvier, alors que de nos jours on fête l’Épiphanie le 1er dimanche après le 1er janvier. Les réjouissances calendales se terminent le 8 janvier avec la galette des rois « tirait les rois ». Très différent de la galette feuilletée, le gâteau des rois provençal se compose d’une sorte de brioche en forme de couronne garnie de fruits confits qui symbolisent les joyaux des rois mages. Il était de bon ton, aux temps passés, que le boulanger, soucieux de sa pratique, l’offrit à ses meilleurs clients. Entre 1814 et 1904, certains pâtissiers introduisirent dans leurs gâteaux des petits sujets en porcelaine.

C’est l’une des plus anciennes solennités du calendrier chrétien. Elle trouve son origine dans l’église orientale ; elle est mentionnée pour la première fois en Gaule en 361. Parmi les évangélistes, seul Mathieu parle des mages et de leurs présents. C’est la tradition latine qui en fera des rois. Le terme qui revient le plus fréquemment pour les désigner est celui de mages, terme qui s’applique à ceux qui exercent des fonctions de prêtres, d’astrologues, de magiciens, de savants.
Gaspard, venu d’Arabie et qu’on appelle en Provence le roi Maure, apporte de l’encens, Balthazar venu de Perse apporte la myrrhe et Melchior, de race blanche apporte de l’or. Ils avaient respectivement 15, 30 et 60 ans.
les mages doivent être considérés comme des prêtres purificateurs venant à la fin d’une période de 12 jours, période impure inhérente à toute naissance.
Balthazar apporte la myrrhe, résine odorante fournie par un arbre, le balsamier, substance recherchée depuis les origines de l’humanité. Elle vient de Perse et est considérée comme particulièrement purificatrice ; on l’utilisait pour embaumer les corps des défunts afin d’éviter le pourrissement. En offrir à ce nouveau-né, c’est lui rappeler également qu’il est mortel, un homme comme les autres qui va mourir ; c’est aussi un symbole de connaissance.
Gaspard apporte l’encens. C’est une résine qui se consume sur des charbons ardents, et dont la fumée odorante s’élève vers la puissance divine en signe d’adoration.
Melchior apporte de l’or. L’or, le métal noble, précieux, le métal parfait qui a l’éclat de la lumière. L’or, qui dans la tradition grecque, évoque le soleil. L’or, symbole de la sagesse d’après Salomon. L’or qui était offert aux rois.
Chacun des rois symbolise un des trois continents alors connus : l’Afrique, l’Europe et l’Asie ainsi que les trois âges de la vie : la jeunesse, l’âge mûr et la vieillesse.Afficher l'image d'origine

La galette à la forme ronde est un souvenir des saturnales antiques. Elle reste un hommage au Dieu solaire. Sa forme en couronne date du Moyen Age et célèbre les rois, d’où la profusion de fruits confits qui rappellent les pierres précieuses de leurs couronnes. La fève cachée à l’intérieur est un légume que les hommes consomment depuis la préhistoire; elle est la première légumineuse à sortir de terre au printemps. À la fois symbole de mort, de prospérité, et de renouveau, elle était utilisée en sorcellerie… Les Romains glissaient la fève dans leurs tartes. C’était un symbole de virilité.
Aujourd’hui, elle est toujours le symbole de la chance. Quelqu’un de « favé », en provençal, est un homme heureux (on retrouve la racine ‘favo » dans les mots français comme : faveur, favorable, favorisé).

LA CHANDELEUR

Le 2 février clôture les traditions de Noël. C’est le jour où l’on enlève la crèche. Selon la liturgie, la Chandeleur est la fête de la purification de la Vierge Marie.Afficher l'image d'origine

Dès l’antiquité, le mois de février (qui vient du verbe latin februare, purifier) est associé au “feu nouveau”, à la période de purification de la nature qui se prépare à sortir de l’hiver. Les jours s’allongent avec l’espoir du renouveau.

Afficher l'image d'origineRapprochant son idée de pénitence de ce courant païen, l’église choisit de bénir des cierges verts, couleur évoquant depuis toujours l’idée de purification.

À Marseille, la fête de la Chandeleur a conservé tout son éclat, en témoignent la traditionnelle bénédiction des navettes à la Chandeleur, ces biscuits en forme de barque qui rappelle l’arrivée des Saintes en Provence.

De plus, à cette date, le temps calendal est vraiment fini, la nature a tenu sa promesse, elle revit ! Plus n’est besoin de cette présence à l’intérieur de la maison puisque la porte s’ouvre sur le pays retrouvé!

Les santons Afficher l'image d'originepeuvent regagner

leur boîte en carton

et attendre …

…Noël prochain.

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L’origine des 13 desserts s’inscrit dans la tradition d’opulence des pays méditerranéens, combinée à la dimension religieuse, elle donnait « aux fêtes de la Noël » son caractère festif, bien avant que les cadeaux n’inondent les maisons. Au retour de la messe sur une table triplement nappée de blanc pour la Sainte Trinité, on dressait les 13 desserts de Noël. Autour de la symbolique de la Cène, Jésus entouré de ses Apôtres, la tradition interdit d’être 13 à table… mais pas dans les plats!

LES TREIZE DESSERTS

Treize, comme le Christ et les douze apôtres. S’ils sont généralement associés à la Provence et à la tradition de Calèna du Comté de Nice. On les retrouve aujourd’hui dans toute l’Occitanie et même en Catalogne. Ils sont servis à l’issue du “Gros Souper”, repas du réveillon de Noël codifié.

Les quatre mendiants, représentant les différents ordres religieux catholiques ayant fait vœux de pauvreté, sont la base des 13 desserts :

  • noix et noisettes pour les Augustins
  • figues sèches pour les Franciscains
  • amandes pour les Carmes
  • raisins secs pour les Dominicains

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À côté de ces quatre premiers desserts on trouve selon les régions, les villes ou même selon les familles :

  • la pompe à huile, brioche plate sucrée à l’huile d’olive, nommée aussi fougasse ou gibassier
  • le nougat noir et le nougat blanc de Provence (celui d’Allauch ou bien celui de Sault au miel de lavande et amandes de Provence)
  • les pommes et les poires
  • les prunes (Brignoles)
  • le verdaù (melon vert conservé dans le grain)
  • les oranges (signe de richesse), mandarines et clémentines
  • le melon de Noël
  • les raisins blancs
  • les fruits confits (d’Apt par exemple)
  • la pâte ou confiture de coing
  • des confiseries : truffes au chocolat ou papillotes
  • les calissons d’Aix
  • les bugnes (ou merveilles, ou oreillettes) petits beignets à la fleur d’oranger
  • la galette de lait
  • le gâteau aux amandes
  • les dattes (qui peuvent être farcies de pâte d’amande)
  • La pompe à l’huile

 De cette tradition Provençale, il est quelques piliers et mille et une adaptations locales. La Pompe à l’huile ou « la Pompo », devient le « Gibassié » quand il est saupoudré de sucre et se rompt l’un comme l’autre comme le Christ a rompu le pain.

« Li Pachichoi » ou les 4 mendiants sont 4 fruits secs symbolisant les ordres religieux : les noisettes pour les Augustins, les figues pour les Franciscains, les raisins pour les Dominicains, les Amandes pour les Carmes.

Le Nougat des Capucins, ancêtre du fruit déguisé est une figue farcie de noix. La datte entre dans la fête et il faut repérer le « O » sur son noyau que Marie ou l’Enfant Jésus suivant les versions aurait prononcé en voyant ce fruit.

les nougats blancs et noirs marquant le passage au solstice d’hiver, la nuit la plus longue de l’année.

Les fruits frais : les précieuses oranges de nos aïeuls, les mandarines et clémentines de Corse, les pommes et poires des Alpes, le melon Verdau (vert) que l’on conservait dans la paille tout l’hiver.

Enfin à Apt

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les fruits confitsRésultat de recherche d'images pour "fruit confits richaud apt"

Confiserie Artisanale Le Coulon - M. Ceccon

à Aix ses calissons

à Marseille les navettes et croquants,

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les pâtes d’amandes à Nice et les Bugnes ou oreillettes … dans les Alpes de Haute-Provence!

une autre tradition provençale, la couronne des rois.

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Selon la tradition, chaque convive doit manger un peu de chaque dessert, accompagné de vin cuit, pour s’assurer bonne fortune pour toute l’année.

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Du choix pour les desserts de Noël ! Pour  faire votre marché, dans le quartier de Saint Victor  le Four des Navettes, la Pâtisserie « le fournil des rois » (coin rue sainte rue breteuil) pompes à l’huile et gâteau des rois (les meilleurs)

galette ou brioche, ce qui importe c’est qu’elle soit bonne et de tomber sur la fève !  … Pour la fève on vous conseille de tricher 

pour la galette voici les meilleures adresses de la région.

Le Fournil des Rois – Bernard Mandonato – Marseille

on trouve la meilleure galette des rois au Fournil qui porte bien son nom ! Bernard Mandonato a repris la célèbre boulangerie pâtisserie crée par son père Joseph en 1959.

La frangipane généreuse contient des amandes caramélisées !

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04 91 33 55 44 Ouvert du mercredi au lundi de 6h30 à 20h

Le Fournil des Rois – Bernard Mandonato 8 rue Breteuil -Marseille 1er

Béchard Aix en Provence

Cette Maison fondée vers 1870 par le couple Béchard est une véritable institution. La boutique située en bas du Cours est prisée par les touristes et les amateurs de douceurs authentiques et provençales.

Les gâteaux des rois (les couronnes provençales briochés) sont également fourrés à la frangipane ! Les galettes feuilletées sont parfaites.

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04 42 26 06 78  Ouvert du mardi au vendredi de 8h à 19h30 le samedi de 8h à 20h

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Philippe Segond – Aix en Provence Dirigées par Philippe Segond  Meilleur Ouvrier de France,  les trois établissements d’Aix-en-Provence, de Palette et de Venelles proposent de la pâtisserie Haut de gamme.

Brioche nature ou fourrée à la crème d’amande et des fruits confits maison.

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04 42 38 19 69  Ouvert du lundi au dimanche de 8h30 à 19h30

Boutique du Cours Mirabeau Philippe Segond 67 cours Mirabeau – Aix en Provence

Maison Zeppini – Marseille

Une autre maison marseillaise réputée !  Jean-Paul Vanroy, son chef pâtissier, révolutionne depuis 10 ans les grands classiques de la maison Zeppini. Ici la galette et surtout la couronne  des rois est sacrée. Chouchou de la presse locale qui l’a élue meilleure galette de Marseille.

La « vraie » couronne des rois sans chichis est généreusement garnie de fruits confits. La recette des gâteaux et galettes des rois est identiques depuis 30 ans.

GALETTE-ROIS

Maison Zeppini Centre Ville 10 rue Saint Saens Marseille 1er  Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 19h30 ou

Maison Zeppini 12e 182 avenue du 24 Avril 1915 – Marseille 12e Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 15h à 19h30 Samedi: 8h30 à 20h Dimanche, jours fériés: 9h à 18h

Sylvain Depuichaffray-Marseille

les délicieux gateaux de Sylvain Depuichaffray … c’est une adresse incontournable pour les gourmands marseillais.

Les fruits confits des couronnes de Corsiglia et de Lilamand agrémentées  de pralines.

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Ouvert le lundi de 7h30 à 16h, du mardi-vendredi de 7h30 à 19h, le samedi de 8h à 19h.

Sylvain Depuichaffray 66 rue Grignan  Marseille 1er

Excellentes fêtes de fin d’année à tous

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